C-28 et la presse: consentir à ce qui va de soi

RÉSUMÉ: Le rédacteur en chef de l'Événementiel (connu comme «l'agenda de presse» au Québec), Alain Théroux, répond publiquement aux organismes qui lui demandent son consentement pour la réception de communications diverses (infolettres, communiqués, convocations médiatiques, etc.). Le média journalistique lancé en 1992 et dirigé par ce recherchiste répond «OUI» à toutes ces demandes. «Notre réponse positive aux relationnistes et agents de communication est explicite et va plus loin encore: vous n'avez pas besoin de nous demander notre consentement personnellement, ce communiqué signé fait foi de notre volonté de tout recevoir», annonce Alain Théroux qui rappelle le courriel de l'Événementiel: info@evenementiel.qc.ca

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C-28 et la presse : consentir à ce qui va de soi

Par Alain Théroux
Journaliste

La panique entourant l'entrée en vigueur de la loi d'encadrement des moyens électroniques pour promouvoir ou commercialiser un organisme (C-28) est palpable actuellement chez les relationnistes qui communiquent avec les journalistes. Pourtant, il va de soi que les médias veulent recevoir des communications... Alors, pourquoi demander un consentement à la presse? C'est que la loi est étendue et les pénalités potentielles sont élevées pour toute communication qui serait considérée comme litigieuse.

Une loi étrange
De bons logiciels anti-pourriels existent depuis plusieurs années et permettent facilement d'éliminer ou non certains émetteurs. De plus, les véritables «spams» émanant du Québec, rédigés en français avec un style tortueux et sans coordonnées sont rares. Cette loi est certainement souhaitée par des personnes qui connaissent peu la messagerie électronique. Cela dit, l'Événementiel qui reçoit plus de 200 courriels quotidiens, vivra probablement une baisse d'information reçue. Les autres médias expérimenteront la même chose. Ce qui est mauvais pour la démocratie.

 c28Heureusement, nous disposons de bons moyens de recherche et l'Événementiel ne sera pas affecté, au contraire même, grâce à cette annonce tous azimuts de consentement. Les meilleures informations journalistiques sont celles que nous débusquons nous-mêmes, c'est bien connu.

L'Événementiel envoie peu de courriels à ses membres (qui disposent d'un abonnement payant pour accéder à l'agenda publié chaque semaine). Nous communiquions deux fois l'an pour s'assurer que tout va bien. Probablement que ces communications deviendront illégales...

Nous communiquons régulièrement avec des organismes (agents de communication, galeries d'art, hôpitaux, ministères, etc.) afin de nous informer de leurs activités à venir. C'est ce que nous avons baptisé «Appels aux événements». Il s'agit d'un travail journalistique simple de recherche. Mais qu'arrivera-t-il si un destinataire croit que nous envoyons cette demande afin de promouvoir notre agenda?

Alors que peu de voix se font entendre dans les médias pour critiquer cette loi, la quantité d'information basique qui circule va subir une baisse dramatique partout en juillet. Selon moi, cette loi C-28, qui privera les médias d'une information auparavant assez facile à obtenir, n'est, entre autres, qu'une pelletée de terre de plus pour tenter d'ensevelir la presse de chez nous.

En ce qui concerne mes propres communications, il y a longtemps que je considère que le courrier électronique n'existe plus. Du «trop-plein de courriels» vécu au milieu des années 2000 à la pléthore de communications répétées des grands réseaux du 2.0, le tsunami de l'info nous oblige tous, relationnistes comme journalistes, à trouver de nouvelles solutions.

Notre adresse pour toutes vos listes: info@evenementiel.qc.ca

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Alain Théroux est membre de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) #25038

30-06-2014